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La ferme bio d’Éric : à la découverte du WWOOFING

Qu’est-ce que le wwoofing ?

Né d’une idée toute simple, le wwoofing fait partie de ces élans citadins pour rejoindre l’apaisement rural généré dans les années 1970. Imaginez : alors que l’on parle de retour aux sources, une jeune anglaise ressent cet appel à quitter la frénésie urbaine pour retrouver le calme et les valeurs simples de la campagne.

Elle décide donc de proposer son aide en échange du gîte et du couvert à des
fermiers. Constatant que les efforts à fournir ne manquent pas, elle décide de partager son idée avec d’autres citadins englués dans un quotidien étouffant.

Le succès est au rendez-vous et le wwoofing pour working week-ends on organic farms (week-ends de travail dans des fermes biologiques) s’installe dans le paysage des nostalgiques d’une vie plus saine, éloignée d’une urbanisation
oppressante.

De nos jours, cet échange se pratique auprès d’un réseau d’hébergeurs qui troquent la passion et la curiosité de leurs invités contre l’enseignement de leur métier, le partage d’une vision écoresponsable commune et un coup de main bienvenu. Tout le monde peut être wwoofer, mettre les mains dans la terre, suivre les instructions données et participer à la prospérité des fermes bio.

Ce cercle vertueux fonctionne assez bien du moment que les hôtes et leurs invités jouent le jeu : il n’est pas question ici de travail rémunéré mais bien d’échanger ses efforts contre des moments uniques, avec pour lien le respect de la terre, de la nature et du manger sain.

La ferme bio d’Éric en bordure de la Seine

C’est en toute simplicité qu’Éric a donné son nom à son exploitation maraîchère.

À peine arrivée, je découvre un environnement de campagne surprenant et dépaysant : on ne se s’imagine pas être aussi près de Paris ! On pourrait se croire en pleine zone rurale, et pourtant, le vaste potager est situé au cœur d’un paysage verdoyant d’Île-de-France.

Le terrain en bordure de Seine est impressionnant. Il bénéficie d’un emplacement bienvenu pour la culture des légumes.

J’y suis allée deux jours, à suivre Éric dans ses tâches quotidiennes et comprendre l’importance de sa démarche, de son engagement mûrement pensé et conscient.Car c’est en pleine conscience qu’Éric cultive cette terre d’Île-de-France.

À ses côtés, les woofers apprennent et mettent en œuvre une pratique raisonnée de l’agriculture maraîchère. L’organisation du terrain pour les plantations est clairement définie : chaque légume a sa place et travaille à sa manière pour aider ses congénères à bien pousser.

Au rendez-vous ? Réflexion, stratégie biologique intelligente de mise en valeur de l’espace cultivé, avec pour finalité la vente dans une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) et la fourniture de restaurants locaux. Cette politique du circuit court valorise le travail de chacun et profite aux résidents du coin.

Gros travail du jour : enlever à la main les mauvaises herbes qui poussent sous les bâches de protection au sol. Ce n’est qu’après cet effort que l’on peut planter de nouvelles semences destinées à donner des légumes d’été.

Le travail se fait accroupi ou à genoux, avec beaucoup de soin et de patience : l’art de cultiver au naturel exige minutie et gestes précis à chaque étape : la récolte, le taillage, les espacements et la protection.

Être woofer et apprendre les secrets de la terre

Les woofers qui viennent aider Éric dans son activité de ferme biologique apprennent beaucoup de choses :

  • le respect de la nature, de son rythme de vie, de ses besoins vitaux ;
  • le travail de la terre en pleine conscience, fait de manipulations délicates et de précision ;
  • la bonne distance entre chaque plant ;
  • les bonnes associations de plantes qui vont s’entraider et se protéger mutuellement ;
  • le désir de bien faire même quand il fait mauvais temps, un peu frais et que l’on piétine un p eu dans la boue ;
  • la délicatesse du nettoyage bienveillant des plants, de l’observation des premiers légumes sortis de terre ;
  • l’utilisation d’un outillage manuel qui demande quelques explications, démonstrations, des efforts et parfois de la poigne ;
  • comment planter, poser une serre, se déplacer entre les espaces de plantation, comment cueillir et à quel moment.

C’est un travail physique et technique enrichissant, non seulement par la cause environnementale qu’il défend, mais parce qu’il sensibilise le participant à la beauté du geste, à la nécessité de penser l’alimentation autrement, au plaisir de marcher entre les allées gorgées de verdure et de beaux
légumes. Cette profusion à elle seule est une récompense !

La poésie des fleurs de courgette, des tomates encore vertes qui attendent tranquillement le soleil et ce vert à perte de vue nous rappellent que nous sommes des enfants de la Terre.

Devenir Woofer vous attire ? Prenez contact avec Éric !


Ce reportage vous a plu ? Si vous souhaitez mettre en valeur votre activité grâce à un reportage photo mettant en avant votre savoir-faire,,faire partie du projet, ou simplement dire bonjour, parlons-en !

Photographies : Myrtille Boyer Chammard

Ecriture : Clémentine Fourau

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